Seadoo RXT 255

Attention ! Plus que de proposer de simples évolutions de ses modèles, le constructeur canadien Sea-Doo révolutionne l’univers du jet. Il y aura un avant, et un après 2009…

Les motos, les voitures, les quads, les motoneiges… Tous les véhicules motorisés sont équipées de suspensions et de freins ! Alors, pourquoi pas les motos marines ? » Cette réflexion de Renald Plante, responsable technique Sea-Doo chez BRP depuis plus de 15 ans, sonne comme une évidence. Pourtant, aucun constructeur, jusqu’à présent, n’avait planché sur le sujet. Ou alors, en cachette. « Cela fait plus de 5 ans que nous travaillons sur ce projet. 2 ans de recherche pure et dure, et 3 ans de développement » continue Renald avec une certaine fierté. Il faut dire que le tout nouveau bébé de Sea-Doo n’est pas une évolution d’une ancienne machine, ni même un simple nouveau modèle. C’est une révolution !

L’EPOUSTOUFLANT Sea-doo RXT 255!

C’est en Floride que Sea-Doo a invité la presse internationale pour découvrir les RXT IS 255 et GTX Limited IS (voir encadré page 72). Une tempête tropicale menace les côtes de Pensacola Beach où nous nous trouvons, mais la nature se montrera clémente. Peut être pour ne pas freiner l’évolution d’un univers qui prend ici un tournant décisif. Cela fait bien 20 minutes que j’ai les pieds dans l’eau chaude du golf du Mexique, et que je tourne autour de cette nouvelle machine hallucinante. Ce qui frappe en premier, c’est l’audace du design. Une bouche béante, des arrêtes vives, des lignes taillées à la serpe… Le nouveau Sea-Doo a de la gueule ! Des commodos remplis de boutons, deux leviers (un sur chaque poignée), des pièces mécaniques inédites… On sent tout de suite que le RXT IS 255 n’est pas une moto marine comme les autres. Son nom nous en dit déjà un peu plus. RXT, on connaît. Il fait donc parti des trois places sportifs de la gamme. Le chiffre 255 nous informe qu’il reprend le 3-cylindres suralimenté des modèles X dévoilés il y a tout juste un an en Californie, développant 255 ch. Mais que veulent bien dire les deux lettres IS ? Intelligent Suspensions ! En clair, tout le poste de pilotage est désolidarisé de la coque, et repose sur deux bras oscillants en aluminium. L’amortissement se fait via un ressort et un amortisseur hydraulique indépendants, placés sous l’assise du pilote. La précharge du ressort se règle automatiquement quand on démarre le jet en fonction du poids embarqué (pilote + passager(s)), mais on peut la faire varier manuellement grâce à deux boutons placés à côté de ceux du trim. Tout le poste de pilotage se met alors à monter ou à descendre. C’est magique !

L’innovant Sea-doo RXT 255

Autre surprise, la manette de marche arrière a disparu. Le RXT IS 255 possède maintenant une position « neutre » qui s’enclenche automatiquement quand on le démarre. Cela peut paraître anecdotique, mais en pratique, c’est également une révolution. Plus besoin de jouer avec cette satanée manette pour rester sur place. Pour accélérer, il suffit d’actionner le levier droit. Pour reculer ? C’est le levier de gauche… Celui du frein ! Eh oui, du frein ! Non, non, je n’ai pas fumé la moquette de l’hôtel ! Les ingénieurs canadiens on mis au point un système électronique qui baisse la cloche de marche arrière, et qui envoie des coups de turbine plus ou moins forts et longs pour freiner la machine. « Le réglage de ce système n’a pas été simple, car il faut doser la poussée de la turbine pour ne pas trop freiner le jet et le faire plonger de l’avant. Lors des premiers tests, on est passé un grand nombre de fois par dessus le guidon ! » Au final, le freinage du RXT IS 255 n’est pas vraiment perceptible à haute vitesse, mais se montre efficace à basse vitesse ou pendant les manœuvres lentes. Niveau sécurité, c’est un pas de géant. Mais la révolution ne s’arrête pas là. La commande d’accélérateur se passe désormais de câble, la vitesse de la machine est calculée grâce à un récepteur GPS… Le RXT IS 255 est une véritable usine à gaz ultra moderne !

Sea-doo RXT 255 en pratique

C’est bien beau toute cette débauche de technologie, mais ça donne quoi sur l’eau ? Le système de suspension apporte indéniablement un confort encore inconnu sur une moto marine. La coque ne frappe plus sur l’eau, et le capot jusqu’à 30 ou 40 cm est avalé comme si on naviguait sur un lac. En plus du confort, cette évolution permet à la coque d’être beaucoup plus souvent en contact avec l’eau. Le rendement de la turbine s’en trouve grandement amélioré. Malgré un moteur qui paraît en retrait par rapport au RXT-X (les jets que nous avions étaient des protos et ne devaient pas développer leur pleine puissance) et des accélérations moins musclées (les 58 kilos supplémentaires n’y sont certainement pas pour rien non plus…), le RXT IS 255 dépose son cousin X en vitesse de pointe. Côté comportement, la coque du RXT 255 IS propose un V encore plus prononcé sur le tiers arrière de sa longueur. « Cela permet au jet de prendre plus d’angle, et ainsi faire travailler la suspension dans de bonnes conditions » nous explique Renald. Il en découle un comportement encore plus vif que sur un RXT-X. Il faut un certain temps d’adaptation pour se faire à cette vivacité. Ajoutez à cela un centre de gravité un peu plus haut, et des suspensions qui devront être raffermies sur les modèles de série, et vous comprendrez que le RXT IS 255 n’est pas aussi facile à prendre en main qu’un Yamaha SHO par exemple. « La production commencera en décembre pour une livraison des premières machine en février. Cela nous laisse encore 4 mois pour modifier certains points et proposer une machine fiable et efficace. » Certes, il reste encore un peu de boulot de mise au point, mais le RXT IS 255 est sur le point de révolutionner le monde du jet. Reste à connaître le prix. Pas de chiffres officiels, mais il se murmure que la barre des 20 000 € sera franchie. Aïe…

Seadoo RXT 255
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