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KTM X-BOW ClubSportGlissez le véhicule dans le Komparator
KTM RC8Glissez le véhicule dans le Komparator
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 KTM RC8 vs X-BOWPar Sabrina Martello le 27/06/2009 12:10 Un duel explosif, signé KTM. La RC8, l’hypersportive aiguisée comme un rasoir, pour Frank. La X-Bow, l’extraterrestre à quatre roues, pour moi. La firme de Mattighofen donne dans le jusqu’au-boutisme, et nous propose deux machines d’exception à nous couper le souffle… Moteur !
SABRINA… SUR 4 ROUES…
Le prototype de la X-Bow (prononcez Cross-Bow) a fait sa première apparition au Salon Automobile de Genève, en mars 2007. Une étrange bête orange, couleur caractéristique de la marque KTM. Son design sans compromis semblait alors la cantonner, au pire, à rester un prototype sans lendemain, au mieux, à devenir une bête de compétition. Certes, elle sera engagée en FIA GT4 par Reiter Engineering. Mais l’enthousiasme suscité par la belle a finalement poussé ses concepteurs – dont un certain Gian Paolo Dallara, à qui l’on doit la mythique Lamborghini Miura, ou encore la Lancia Stratos – à l’homologuer pour la route ! Un site de production spécialement dédié à la X-Bow est construit à Graz, en Autriche. La coque tout en carbone est fabriquée par Wethje, en Allemagne. La production commence en juin 2008, pour une première livraison au mois d’août de la même année.
DECOLLE LA RETINE
Un gros kart ? Une moto sur quatre roues ? La X-Bow, c’est tout sauf un engin normal. Lignes affûtées signées Gerald Kiska, amortisseurs WP et triangles de suspension superposés apparents, garde au sol minimale, pneus en 205/40 R17 à l’avant et 235/40 R18 à l’arrière… Un peu comme la Ariel Atom et son châssis à treillis tubulaire type Ducati, la KTM s’inspire beaucoup de la moto. Surtout, elle offre des mensurations hors normes : quasiment aussi longue qu’une Fiat 500 (3,73 m), elle est plus large qu’une Mercedes SL (1,90 m) ! La version ClubSport, mise à disposition pour notre essai, affiche des options résolument racing, comme le volant rétractable, les jantes à écrou central, le fond plat, le kit aéro, les garde-boue en carbone et le différentiel à glissement limité. Après avoir enfilé mon casque (absence de pare-brise oblige), je me glisse dans le baquet Recaro en enjambant la carrosserie, puis j’installe le volant type monoplace. Mes jambes sont à l’horizontale, le siège est fixe : le pédalier coulisse afin de s’ajuster au mieux à ma morphologie. Frank m’aide à m’harnacher avec le harnais 4 points. Je suis protégée par des arceaux de sécurité renforcés issus du programme compétition GT4. Contact : le message « Ready to Race ? », sur l’écran digital identique à celui de la RC8, annonce tout de suite la couleur… C’est qu’elle me tente, la diablesse !
COLLE AU BAQUET
Le moteur arrière en position centrale n’est autre que le bloc Audi 2.0 TFSI, un 4-cylindres à injection directe turbocompressé développant 240 ch à 5500 tr/min, et 310 Nm de 2000 à 5500 tr/min. Avec un rapport poids/puissance de 3,29 kg/ch, je sens que ça va être rock’n’roll. Pour la mise en route, tous les membres sont requis : pied droit sur la pédale de frein, main gauche sur le bouton « Mode », l’autre sur le bouton « Start ». Nous prenons la direction de la route des Crêtes, au-dessus de Cassis : une route sinueuse, qui s’annonce comme un terrain de jeu idéal pour la KTM. Mais avant cela, autoroute… et anecdote ! Outre le fait d’éveiller la curiosité des automobilistes à chaque péage, l’assise ultra-basse de la X-Bow m’empêche d’atteindre la borne et de saisir le ticket… Heureusement… Zorro est arrivé ! Frank descend de la RC8 et m’évite d’avoir à retirer mon harnais ! Ouf… En repartant, je décide d’écraser un peu l’accélérateur : l’accélération me colle dans le baquet, tandis que l’absence de pare-brise accentue la sensation de vitesse. Le moteur se révèle explosif sur toute sa plage de régimes. C’est trop bon ! Donnée pour abattre le 0 à 100 km/h en 3,9 secondes, et pour une vitesse de pointe de 220 km/h (chiffres constructeur), la X-Bow est forte en sensations !
COLLE AU BITUME
Le châssis n’est pas en reste : grâce à son centre de gravité placé très bas, sa répartition des masses de 37/63 en statique et 35/65 en dynamique, et son poids plume de 790 kg, la KTM semble scotchée au bitume sur route sinueuse. Le freinage hydraulique non assisté signé Brembo offre une puissance incroyable : freins chauds et lancée à 100 km/h, il ne faut que 32,9 m à la X-Bow pour s’arrêter, contre 55 m en moyenne pour une auto classique. Bref, vous l’aurez compris, cette KTM est une auto d’exception, qui se révèle facile à prendre en main malgré son absence d’assistance à la conduite. Avec elle, oubliez les ESP, ABS ou autre anti-patinage, et pensez plaisir de pilotage. Un plaisir immense et exclusif, qui se paie au prix fort : affichée à partir de 59 776 € pour le modèle de base, notre version d’essai ClubSport se négocie quelques 83 720 € (71 736 € sans option) et la version ultime GT4, 99 148 €. Le prix de l’exception à l’Autrichienne...
… FRANK… SUR 2 ROUES !
Ha, elle faisait moins la belle, notre charmante essayeuse, complètement bloquée dans sa boîte à sardines au péage ! Sa côte de popularité en prend un coup. Tant mieux, parce qu’à côté de sa X-Bow, ma RC8 semble presque invisible. Un comble au regard de son design futuriste ! Qu’importe, la sportive KTM n’est pas là pour le plaisir des passants, mais bien pour celui de son pilote et, croyez-moi, elle fait bien son travail. Contrairement à ce que l’on pourrait penser en la voyant, la RC8 est accueillante. Les bracelets, les repose-pieds, la hauteur de la selle, et l’assiette générale de la machine sont réglables pour trouver la position idéale. Contrairement à une 1098, la fatigue ne se fait pas sentir dès les premiers kilomètres. On s’incruste dans la moto plutôt que de se poser dessus, mais cela n’empêche pas les mouvements du corps. Le pilotage s’en trouve facilité, surtout que la mécanique se montre aussi particulièrement douce. Bicylindre oblige, il ne faut pas descendre en dessous de 2 500 tr/min, mais passé ce cap, la puissance est délivrée linéairement, et la gestion de l’arrivée des chevaux ne pose aucun problème. Le caractère du twin LC8 (pour 8 soupapes) de 1148 cm3 n’est pas exubérant, mais l’efficacité est bien au rendez-vous.
FACILE !
Cette sensation de facilité vient également d’une partie-cycle au-dessus de tous soupçons, bien aidée par des suspensions WP toujours aussi efficaces. Route bosselée ou billard, la RC8 s’en sort toujours avec les honneurs. Le freinage propose une puissance suffisante, et surtout un feeling extraordinaire. Certes, pour les motards les plus saignants, la sportive autrichienne manquera de folie, mais il n’est pas sûr qu’elle arrivera la dernière après une bonne arsouille sur une route de montagne. Une chose est sûre : son pilote sera beaucoup moins fatigué que son homologue sur une Ducati, par exemple.
Comme sa cousine à 4 roues, la RC8 étonne donc par le contraste entre son design acéré et sa facilité. Pensée pour être la plus performante et exploitable possible, elle fait passer l’efficacité avant les sensations de pilotage. KTM est parvenu à mixer le caractère bien trempé et envoûtant d’une moto européenne, avec l’agrément de conduite d’une sportive japonaise...
Un grand merci…
… à Randy Petit et Alain Chieppa, de Stradale Automobile
122 av de la Croix D’Or
13320 Bouc Bel Air
04 42 650 650
www.dealer.ferrari.com/stradale
… à Raphaël Veneau – X-Bow Manager
KTM France
4 rue Alexandre Grammont
69800 Saint Priest
www.ktm-x-bow.com
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