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FRANKY ZAPATA - LE JET DANS LE SANG

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Un style de vie...
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Un style de vie...
Franky vit le jet à 100%, en compétition comme à la vie...

Soutien
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Soutien
Krystel, sa compagne, et elle aussi investie à fond dans l'aventure. Vu le gars, elle pas trop le choix... ;)

Rapide
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Rapide
Franky est considéré comme un des pilotes de jet les plus rapide au monde... à juste titre !

Toujours à fond !
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Toujours à fond !
Mettez Franky sur un jet dans l'eau et vous obtiendrez toujours le même résultat : à fond, à fond, à fond !!!

Oléron
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Oléron
En 2007 Franky remporte le Championnat du Monde d'Oléron à la force du poignet. Un souvenir inoubliable pour lui et son équipe.

Technique
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Technique
Franky est un très bon pilote mais surtout un redoutable préparateur et metteur au point. Ces machines complètement modifiées sont de véritables armes et font grincer les dents de la concurrence.

Joueur...
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Joueur...
Prochain prototype de Franky : un jet sous-marin... ;)


FRANKY ZAPATA - LE JET DANS LE SANG
Par Tommy Marin le 09/03/2008 00:00

Il a 29 ans. Il est pilote de jet, manager de son team de jet, et préparateur… de jets ! Au guidon de ses Sea Doo largement modifiés, FRANKY ZAPATA a remporté quasiment toutes les compétitions cette saison. passionné, talentueux et travailleur : pas étonnant donc que l’histoire soit belle. Entretien avec un vrai touche-à-tout, qui a su faire du jet un art de vivre.

100% Moteur : Franky, ta saison 2007 est donc terminée. Peux-tu nous faire un petit bilan sur tes résultats ?
Franky ZAPATA : Eh bien, c’est plutôt positif. J’ai gagné quasiment toutes les courses auxquelles j’ai participé, hormis la Karujet, en Guadeloupe, qui a lieu très tôt dans la saison et pour laquelle je n’étais pas prêt, et Havasu, aux USA, où j’ai rencontré une panne de compresseur après avoir remporté la première manche. Je termine champion d’Europe de vitesse, champion du monde de Raid à Oléron, et vice champion du monde de vitesse.

100% Moteur : Oléron va rester un bon souvenir, non ?
FZ : Oui, ça a été un peu particulier. Oléron est la seule course de type Raid de la saison. Elle dure plus de deux heures, et demande une préparation spécifique. On a connu le règlement précis de la course tardivement, et on a eu seulement deux mois pour construire un nouveau jet. En plus, il a coulé lors d’un essai… On a perdu facilement 17 jours avec ça. Mais bon. On était prêt juste à temps pour le premier départ. Là, j’ai eu des problèmes techniques dans chaque manche. Le régulateur de tension qui a grillé, et une cosse de batterie arrachée : des trucs qui n’arrivent jamais ! À chaque fois, j’ai pu réparer sur l’eau, et la machine était tellement performante que j’ai pu remonter dans les premiers. Au cumul, je remporte l’épreuve, et le titre de champion du monde de Raid qui va avec.

100% Moteur : Tu es déjà en pleine préparation pour 2008. Comment ça se présente pour toi ?
FZ : Les objectifs principaux restent le championnat d’Europe de vitesse et Oléron. La Karujet est également une épreuve importante pour BRP, donc je vais essayer d’être prêt à temps pour la remporter.

100% Moteur : Tes partenariats avec Sea Doo et Diablo Racing sont-ils reconduits ?
FZ : C’est encore en discussion, mais c’est en bonne voie pour l’instant.

100% Moteur : Où penses-tu en être dans ta carrière ?
FZ : À 29 ans, c’est sûr que je suis davantage vers la fin que vers le début. Mais le jet est un sport mécanique, et l’expérience est un atout non négligeable pour faire de bonnes perfs. En plus, la plupart des jeunes pilotes sont assez fainéants, et il y en a très, très peu qui s’entraînent physiquement aussi sérieusement que moi. Donc, en gardant une bonne hygiène de vie, je pense que je peux durer encore trois ou quatre ans. Et puis, 60% de ma passion concerne la préparation de mes jets. Donc, j’espère que je pourrais continuer dans cette voie quand j’arrêterai de courir.

100% Moteur : Donc, tu n’es pas prêt de te lasser du jet, si je comprends bien…
FZ : Comme je le dis à tout le monde, j’arrive encore à penser à mon jet le soir avant de m’endormir, alors que je viens de passer ma journée soit à le piloter, soit à travailler dessus. Pour moi, ce n’est pas un boulot, c’est une passion. J’ai beaucoup de chance de pouvoir en vivre.

100% Moteur : On entend beaucoup de préjugés sur le jet-ski. Comme quoi c’est un sport facile, dont le résultat dépend surtout de la mécanique. Qu’as-tu à répondre à ça ?
FZ : Ce n’est pas totalement vrai. En formule stock, avec des jets standard, certains pilotes vont beaucoup plus vite que d’autres. Après, il faut reconnaître qu’à haut niveau, la mécanique est primordiale. Tout le monde est doué, et sans le meilleur matériel, tu ne gagnes pas. C’est comme en F1 : tu as beau t’appeler Schumacher ou Alonso, si tu n’as pas la bonne voiture, tu es derrière. Mais plus que la performance pure, en jet, c’est l’alchimie entre le pilote et sa machine qui compte. C’est pour ça que pour moi, un bon pilote doit aussi être capable de faire évoluer son jet pour l’accorder à son style de pilotage. Il faut aussi avoir une bonne condition physique pour encaisser les performances des jets actuels. Il y a dix ans, quand on avait seulement 150 ch et des coques très stables, c’était surtout la mécanique qui comptait. Maintenant, on dispose de plus de 350 ch, et les coques sont plus agressives… Il faut savoir gérer !

100% Moteur : Pour tenir la cadence, tu t’imposes un entraînement particulier, un régime spécial ?
FZ : J’ai une bonne hygiène de vie, je fais attention à ce que je mange, mais je n’ai pas de régime particulier. En revanche, je fais beaucoup de sport. Je consacre environ 1h30 chaque jour à ma condition physique, surtout en hiver, pour être prêt l’été.

100% Moteur : Pourquoi, selon toi, le jet n’est-il pas davantage médiatisé ?
FZ : Je pense qu’il y a plusieurs réponses à ça… Aujourd’hui, on a un produit intéressant à vendre : avec les performances des jets actuels, qui nous permettent de prendre 145 km/h sur l’eau, le spectacle est au rendez-vous. Nous avons une catégorie GP avec des protos très puissants, qui font du bruit, qui ressemblent de moins en moins à des machines de série… Ça devrait donc pouvoir attirer les médias. Mais le problème est qu’il y a plusieurs fédérations internationales de jet-ski, qui ne s’entendent pas les unes avec les autres, et qui ne pensent qu’à une chose : s’en mettre le plus possible dans les poches ! Elles devraient plutôt payer des contrats télé, et développer les aspects sportifs et spectaculaires du jet. Cette année, je me présente en tant que porte-parole des pilotes pour essayer de faire avancer les choses. Car l’autre problème, c’est que la majorité des pilotes râlent quand ça ne va pas le jour de la course, mais ne font aucun effort pour participer au développement du sport le reste du temps. Quand on est sur l’eau, c’est chacun pour soit. Mais si on veut faire avancer notre sport, il faut qu’on soit tous ensemble le reste du temps.

100% Moteur : Tu as également l’habitude d’exporter tes talents aux USA. C’est mieux, là-bas ?
FZ : En fait, j’y vais juste pour Havasu. Il y a une époque où c’était l’épreuve incontournable dans le monde du jet-ski : il était primordial de gagner là-bas pour signer des budgets à l’année. Mais la dynamique compétition est un peu retombée aux US. Le jet est davantage considéré comme un loisir familial là-bas. Du coup ça n’intéresse plus les marques. Je pense que c’est une erreur, car Havasu à une notoriété mondiale, et pas seulement américaine, dans le jet. Mais bon… De ce fait, on prend cette épreuve un peu comme la cerise sur le gâteau. C’est compliqué et ça coûte cher d’y aller, mais ça reste une grande classique pour nous, pilotes.

100% Moteur : Quel est ton vrai métier : pilote ou préparateur ?
FZ : Je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça un métier, mais quand je me lève le matin, 90% du temps, c’est pour aller préparer mes jets. En fait, c’est un ensemble. Je suis à la fois manager du team Zapata Compétition, pilote et préparateur. Il n’y a pas beaucoup d’argent dans le jet, et il n’y a qu’en cumulant ces casquettes qu’on peut espérer en vivre.

100% Moteur : Tu prépares tes propres jets, mais aussi ceux de tes adversaires…
FZ : Oui… C’est un peu à contrecœur : on a développé nous-même une coque pendant trois ans. Et pour pouvoir continuer, nous avons dû prendre la décision de la vendre. C’était la seule façon de réunir assez de budget pour la saison… Du coup, je dois faire face à mon propre matériel sur l’eau. Plus je vends de pièces, et plus la concurrence me rattrape. C’est à moi de faire la différence en tant que pilote, et de trouver à chaque fois l’avancée technique qui me permette de garder une avance.

100% Moteur : Y a-t-il réellement une grande différence entre ton jet sur base de Sea Doo RXT et le RXT stock ?
FZ : C’est énorme… Ils n’ont quasiment plus rien à voir. Rien que sur le dessin de notre coque et sur la différence de poids, il y a quelque chose comme 10 km/h de différence. Le dessin spécifique de l’entrée d’eau nous permet de bénéficier d’une meilleure accélération, de l’ordre de 20% supérieure au modèle d’origine. Quant au moteur, il s’agit du BRP usine, qui développe 360 ch, contre 215 pour le RXT.

100% Moteur : Existe-t-il un pont entre ton activité de préparateur et le développement des nouveaux jets Sea Doo ?
FZ : Eh bien… C’est là que ça devient un petit peu compliqué. BRP aimerait en fait acheter la coque que nous avons développée pour la compétition. Sur le principe, je ne suis pas contre, car j’entretiens de bonnes relations avec cette marque. Mais en imaginant que notre partenariat cesse dans quelques années, et que BRP gagne de l’argent grâce à mon travail, que me restera-t-il alors ?

100% Moteur : Travailler directement pour une marque serait une reconversion envisageable pour toi ?
FZ : Ça me brancherait bien, c’est sûr. Mais les constructeurs travaillent aujourd’hui en PAO, sur informatique, avec des logiciels qui calculent les dessins pour obtenir une coque « idéale ». Ici, nous faisons tout à la main. J’expérimente directement sur le terrain, et je reprends les moules de mes coques au fur et à mesure. Nos manières de travailler sont trop différentes pour êtres compatibles…

VITE DIT...
Surnom ? Ils m’en ont pas donné !
Marié ? Je vis avec Krystel
Plat ? Magret de canard
Boisson ? Jus de goyave
Dernier ciné ? Y’a bien longtemps…
Dernier CD ? Dans la voiture ce matin. Mais je sais plus ce que c’était…
Voiture ? Un 4x4 Mitsubishi
Hobbies ? Le snowboard, la moto et les sports funs avec les potes
Fierté ? Vaincre les pilotes d’usine en 2005 avec un budget très limité
Regret ? Non… Mes erreurs ont nourri mon présent !

Le Club