Spécifications
Kawasaki KFX 450 RGlissez le véhicule dans le Komparator

Essai Kawasaki KFX 450 RPar Frank Donzelli le 17/03/2008 00:00
les quads 450 sportifs sont de véritables vitrines technologiques. Pas étonnant alors que tous les constructeurs proposent dans leurs gammes une machine ultra-performante capable de s’aligner sur une grille de départ avec un minimum de modifications…
Je n’en peux plus ! Mes mains me font mal, mes avant-bras tétanisent, j’ai le souffle coupé… Je décide de rendre les gaz et d’aller voir Tommy, notre photographe adoré, pour voir s’il a shooté de belles images. Juste un prétexte pour me jeter sur une bouteille d’eau et un BN au chocolat. Pourtant, nous ne sommes pas à la fin de la journée. Bien au contraire ! Cela fait à peine quelques minutes que je fais mumuse avec ce KFX450R mis à notre disposition par Arnaud de la concession Quad 202. Y’a pas à dire, le quad, c’est un sport d’homme ! Quand, en plus, on est aux commandes de l’une des machines les plus méchantes de la production mondiale, on regrette vite son manque de condition physique. Quoi ? Il faut encore des photos ? Il faut que j’y retourne ? Bon… Ok…
100% nouveau
J’aurais dû m’en douter quand Arnaud nous a sorti la bête de son magasin. Le Kawasaki annonce la couleur dès le premier regard. Ses lignes sont particulièrement agressives, et ses épaules larges et acérées ne trompent pas. Le KFX450R est une pure machine de course. Kawasaki nous propose cette année une machine entièrement nouvelle sur laquelle tout a été pensé pour les performances. Le moteur tout d’abord. Le monocylindre injecté de 449 cm3 est étroitement dérivé du bloc de la KXF, moto de cross ultraperformante de la marque. Bien entendu, certaines caractéristiques ont été revues pour s’adapter à sa nouvelle vocation sur quatre roues. Les systèmes d’injection, d’admission et d’échappement (collecteur en titane) ont été revus, le couple à bas et moyen régimes a été optimisé pour tracter plus facilement les 162 kg à sec de la bête, le centre de gravité est abaissé en augmentant l’inclinaison du cylindre de 9°… Voilà pour le principal. La boîte à cinq rapports reçoit une marche arrière commandée par un petit levier très pratique juste au-dessus de la gâchette d’accélérateur. De quoi se sortir rapidement d’un tout droit après un excès d’optimisme sur les gaz… Ce qui arrive souvent avec cette machine ! Pour finir avec le tour du propriétaire, on trouve également un frein de parking, un magnifique guidon Renthal FAT-BAR à section conique et des feux lenticulaires à l’avant et à diodes à l’arrière. La finition est soignée, une caractéristique d’autant plus appréciable sur une machine à vocation tout-terrain et sportive.
C’est l’alu !
Tout est nouveau, donc le châssis aussi. S’il n’est pas aussi high-tech que la double pyramide rivetée du dernier Can-Am DS 450, il n’en est pas moins intéressant. Entièrement en aluminium (du cadre à la boucle arrière démontable), il mixe parfaitement les pièces extrudées et moulées. Le bras oscillant est tout simplement magnifique. À côté, celui du QuadRacer R 450 Suzuki fait presque « bricolage ». J’exagère, mais à peine. Les suspensions ne sont pas en reste avec des amortisseurs Kayaba entièrement réglables. Les deux éléments à l’avant proposent deux niveaux de dureté pour que les roues gardent un maximum de contact avec le sol, même sur un terrain défoncé. Les roues arrières sont, quant à elles, renforcées pour encaisser les plus gros chocs sur les réceptions de sauts par exemple. Tout ça, c’est bien beau, mais qu’en est-il une fois en piste ? Un petit coup de démarreur (une option avec kick est disponible pour alléger la machine en usage compétition) et le monocylindre se met en branle sans aucun souci. Chaque petit coup sur la gâchette très docile montre que le bloc n’a pas beaucoup d’inertie. Moins métallique que celle du Suzuki, la sonorité du KFX est rauque et assez discrète. Un bon point pour ne pas se prendre un coup de fusil à chaque sortie. Les premiers tours de roue se font à très faible allure. Tout est doux. Même le moteur se laisse apprivoiser facilement. La boîte de vitesses est précise, et les rapports passent à la volée comme dans du beurre. Mais à cette allure de sénateur, on sent déjà que les suspensions ne vont pas ménager vos bras. Cette impression se vérifie dès que l’on met la gouache. Le plus impressionnant reste malgré tout le comportement du monocylindre. La vache, ça envoie du pâté ! Le KFX bondit à chaque coup de gâchette. Le mono est particulièrement plein (plus qu’un QuadRacer ou qu’un DS 450) et vous tire violemment sur les bras à chaque accélération. La poussée est musclée quel que soit le rapport engagé, et ne s’essouffle pas jusqu’à l’intervention du rupteur. Heureusement, le train arrière motrice correctement. La voix large et les très bons pneus Dunlop d’origine labourent la terre avec frénésie, et quand ils reprennent du grip en fin de glisse, mieux vaut doser les gaz pour ne pas se retourner. Votre humble serviteur a testé pour vous... Une bonne expérience de la discipline est obligatoire pour exploiter pleinement le potentiel de cette machine.
Une force dosable
Pourtant, on a vite fait de prendre confiance tant la position de pilotage est agréable, et la connexion entre la gâchette et les roues arrière est bonne. Les gaz se dosent au millimètre, et la glisse s’entretient assez facilement. On peut également compter sur un freinage performant et un équilibre général très sain. Même sur une piste recouverte de graviers, l’arrière de la machine ne se baladait pas outre mesure lors de mes freinages d’urgence pour ne pas rentrer à pleine vitesse dans une flaque traite et boueuse. Le plus gros défaut (et encore le mot est un peu fort) du KFX450R est, j’y reviens, la fermeté de ses suspensions. Comparé au Can-Am DS 450, référence dans ce domaine, le quad Kawa renvoie beaucoup d’efforts dans le guidon, donc dans les bras du pilote. Son avant très léger impose de se battre avec la direction pour bien garder son cap. Fatigant c’est sûr, mais le KFX450R distille tellement de bonnes sensations que l’on n’a pas envie de rendre la main. En attendant, ce quad au sang vert se montre d’une stabilité à toute épreuve à haute vitesse et dans les courbes et enchaînement serrés. Son comportement est sain, et s’il n’est pas à mettre entre toutes les mains il ravira les plus exigeants d’entre vous.
Une bonne affaire
Affiché à 8 515 €, le KFX450R est, certes, plus cher qu’un Suzuki QuadRacer R 450, mais propose un très bon rapport qualité/équipement/performances/prix qui risque de faire mal à la concurrence. Surtout que, si vous le souhaitez, vous pouvez opter pour une extension de garantie de 1 ou 2 ans supplémentaires, élevant cette période sécurisante jusqu’à 4 ans. Preuve que le constructeur a un minimum confiance en la fiabilité de sa nouvelle machine. Enfin, pour ceux qui ne jurent que par la compétition, sachez que Kawasaki Motors France met en place pour cette saison un support technique et financier afin d’aider huit pilotes qui défendent les couleurs de la marque au travers de leurs concessionnaires. La marque d’Akashi montre une nouvelle fois avec cette action que son implication en compétition reste importante à ses yeux.
MERCI A :
Comme d’habitude à Quad 202 (06). Toujours là quand il faut nous aider ! Une équipe au top !
Tel - 04 97 100 900