Essai Daelim B-Bone vs Daelim Besbi
Spécifications
Daelim B-Bone 125Glissez le véhicule dans le Komparator
Daelim Besbi 125Glissez le véhicule dans le Komparator

Essai Daelim B-Bone vs Daelim BesbiPar Frank Donzelli le 05/10/2008 04:18
Comme tous les mois, nous allons vous faire découvrir le deux-roues façon «city». Pratiques, de plus en plus performants, abordables financièrement, les scooters modifient depuis quelques années le paysage motocycliste français. En voilà deux qui misent à fond sur le look…
Il faut dire que le design est le principal facteur d’achat d’un deux-roues avant le prix, le côté pratique ou encore l’image de marque du constructeur. On semble l’avoir bien compris chez Daelim. Le Besbi 125 et le B-Bone ne laissent pas indifférent. Le premier surfe sur la vague rétro et pompe allègrement les lignes qui ont fait et font toujours le succès d’un certain Vespa, alors que le second se paie une silhouette minimaliste et futuriste calquée sur le Honda Zoomer qui existe en 250 cm3 au Japon mais qui n’est importé qu’en 50 cm3 en France. Après, c’est une histoire de goûts. C’est sûr, si vous voulez passer inaperçu dans la jungle urbaine, passez votre chemin, mais si vous souhaitez vous la péter un minimum à la terrasse de votre café préféré, nos deux scooters du jour tapent dans le mille.
APRES VOUS MADEMOISELLE
Si les deux-roues sont des machines la plupart du temps asexuées, il n’en va pas de même pour les deux 125 Daelim. Le Besbi s’adresse presque exclusivement à une clientèle féminine. J’avoue que je n’étais pas franchement à l’aise à son guidon. Conduire avec le buste bien droit, la poitrine sortie et le petit doigt en l’air, ce n’est pas vraiment mon truc… De toute façon, la place réservée aux jambes est assez réduite et j’avais bien du mal à caser mon 1,83 mètre. Sabrina ? Il est pour toi celui-là ! Du haut de son 1,79 mètre, notre belle essayeuse n’était pas vraiment à son aise non plus, mais sa silhouette longiligne dénotait beaucoup moins avec les courbes rondelettes du Besbi et son look rétro garni de chromes. Un petit tour du propriétaire avant de prendre la route. L’instrumentation est réduite au stricte minimum avec un compteur de vitesse, une jauge à essence, un compteur kilométrique total et quelques voyants. Pour un scooter citadin, on n’en demande pas plus même si un compteur kilométrique partiel n’aurait pas été du luxe. Petite déception également, le volume du coffre sous la selle (qui s’ouvre au contacteur) qui ne peut accueillir qu’un casque jet. Le Besbi se rattrape grâce à son top-case livré d’origine. Pas de vide-poche dans le tablier non plus. Le reste de la machine est soigné et n’appelle pas de grande critique au regard du prix attractif de 1 780 €. Une fois en route, on sent tout de suite que le Besbi s’oriente exclusivement vers une utilisation urbaine. La fourche à balancier à l’avant (petit clin d’œil au mythique Vespa) et le mono-amortisseur arrière se comportent correctement tant que la route reste en bon état mais n’apprécient pas qu’on les brusque ni les grosses déformations de la chaussée. Les petites roues de 10 pouces n’aident pas non plus à la stabilité de la machine. Le Besbi 125 impose une conduite coulée et tranquille. Histoire d’aller au bureau le matin, passer prendre son pain ou faire un peu de shopping. Les slaloms violents entre les voitures ne sont pas sa tasse de thé. Entre nous, c’est bien mieux comme ça… La mécanique est en parfait accord avec cette philosophie gentillette. Le monocylindre 4-temps à carburateur propose des accélérations franches et immédiates. On ne reste pas scotché à chaque feu vert et il permet de se faufiler aisément dans les embouteillages. Silencieux et discret, il s’accommode parfaitement à son terrain de prédilection : la ville. Il faudrait autant que peut se faire rester dans cette environnement car avec une vitesse de pointe ne dépassant pas les 90 km/h, les trajets extra-urbains sont assez délicats.
UN AUTRE MONDE...
Par la force des choses, je me retrouve donc aux commandes du B-Bone. On passe ici dans un univers complètement différent. A chaque feu rouge, les badauds scrutent la machine. Les questions fusent, les yeux s’écarquillent. Je n’aurais pas eu plus de succès au guidon de la dernière Ducati 1098 R ! Il faut dire qu’on ne croise pas (encore ?) un deux-roues comme le B-Bone à chaque coin de rue. Malgré son look dépouillé et plutôt «industriel», le B-Bone séduit par sa bouille sympathique. Les chromes se mêlent savamment au cadre treillis tubulaire et à ses grandes roues. Moto, scooter, custom, caddy de supermarché… le mélange des genres fait mouche. A bord, on ne sait pas vraiment non plus sur quoi on est assis. On est bien, un point c’est tout. Le guidon large monté sur pontet fait penser à un roadster, les cale-pieds en avant à un custom, la selle plate à un scooter. C’est bizarre, mais on s’y fait rapidement. Si le Besbi pêche un peu côté rangement, le B-Bone est bien pire avec… rien ! On peut caler un petit paquet entre le treillis sous la selle (qui s’ouvre sans clef) ou entre les jambes et basta. Pour les transports plus volumineux, une seule solution, les tendeurs avec crochets. Vu le cadre, les points d’accroche ne manquent pas… Sur la route, le B-Bone met tout de suite à l’aise. Ses roues en 13 pouces et la rigidité de son cadre font merveille. Son comportement se rapproche plus de celui d’une moto que d’un scooter. On prend rapidement plaisir à mettre de l’angle et à retarder ses freinages. Il faut dire que le système couplé avant/arrière actionné par le levier gauche est particulièrement efficace et sécurisant. Le levier droit s’occupe uniquement du simple disque avant. On en viendrait presque à regretter que le monocylindre injecté en provenance directe du scooter S2 de la marque ne se déchaîne pas plus. Ce dernier se montre volontaire, mais tire trop long ce qui grève irrémédiablement les accélérations et les reprises. Côté vitesse de pointe, il accroche un bon 110 km/h, de quoi élargir suffisamment son champ d’action. Malgré une garde au sol limitée (il ne faut oublier que ça reste une base de scooter), le B-Bone invite à la conduite sportive et se débrouille plutôt bien dans cet exercice.
COUP DE COEUR
Même si j’aurais aimé des performances un peu plus musclées (on n’en a jamais assez…), j’avoue que le B-Bone a titillé ma fibre motarde et je lui trouverais bien une petite place dans mon garage. En plus, la base permet une multitude de transformations qui peut laisser libre cours à votre imagination à l’instar des préparations de nos amis japonais complètement délirantes sur les Honda Zoomer (voir l’encadré ci-dessous). Certes, affichée à 2 890 € cette machine hybride n’est pas donnée, mais son originalité et le plaisir de conduite qu’elle procure valent bien quelques petits sacrifices. De son côté, le Besbi se montre plus sage et ravira les jeunes citadines qui cherchent un scooter au look rétro tout en gardant un peu d’argent pour faire leur activité sacrée : le shopping !